• Marie Robert

Ceci se savoure.


Une main qui se glisse dans la nôtre, avec pour unique ambition celle de nous accompagner. Une présence solide et discrète, qui demeure à nos côtés sur la route de l’école, de l’université, de la maternité, de l’hôpital, de l’entreprise. En somme, sur le chemin de la vie. Peut-être même, à l’instant où celle-ci s’éteint. Etre là et aider l’autre à traverser ses joies, ses doutes,ses ouragans. Étymologiquement, le terme « accompagner » nous renvoie au « pain ». Au « copain » du 18ème siècle, qui n’est qu’une altération de l’expression « compain » désignant, au 11e siècle, ceux qui partagent la même ration de pain. Un acte à la fois banal et pourtant si délicat. Car comment parvenir à ne pas assister, à ne pas faire à la place, à ne pas diriger, à ne pas déposséder ? Comment réussir à se tenir à porter d’écoute et permettre à l’autre d’aller là où lui seul peut se rendre ? Comment ne jamais lui ôter sa précieuse autonomie qui est la condition même de sa liberté ? Accompagner un individu, quel que soit son âge, revient à l'appréhender en tant que personne singulière, se construisant et agissant dans un environnement donné où ses choix et ses actes ont un sens. L’être humain invente son monde en permanence, l’aider à se construire, c’est lui faire prendre conscience de ce qui se joue dans chacun de ses pas. Devenir une passerelle entre lui et sa pensée. Et le laisser déguster ce pain, qui le nourri, en étant prêt, s’il le souhaite à le partager. L’accompagnement comme une proposition. Celle sans doute qui me bouleverse le plus dans l’existence. Je vous souhaite de trouver d’heureux copains.

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