• Marie Robert

Ceci nous emporte au loin



Quatrième semaine, les habitudes flirtent avec le vague à l’âme. Le calme s’habille parfois d’une curieuse résignation. Incertitude et patience sont devenus les piliers de notre vocabulaire. Mais dans ce nouveau langage, un mot, pourtant presque inconnu, nous manque terriblement, il s’agit du « hwyl ». D’origine galloise, le « hwyl » désigne littéralement la voile d’un bateau qui se charge de vent pour l’emmener vers l’horizon. Mais c’est dans son usage métaphorique qu’il devient bouleversant. Dans « Garthowen » en 1899, la romancière Allen Raine le définit comme « un don particulier », « une exaltation soudaine ». Le hwyl est un état d’esprit, une excitation qui réchauffe le cœur, qui fait monter le rose aux joues. C’est la joie de l’écolier à l’heure de la récréation lorsqu’il se précipite dans la cour. Celle de l’auteur en pleine inspiration ou celle des amis lors d’une soirée d’allégresse. C’est l’euphorie du chanteur revenant sur scène au moment du rappel. C’est la puissance de ceux qui se sentent investis d’une confiance inébranlable, d’un sentiment de conquête, qu’aucune ombre ne peut dissoudre. Faites que notre courage, nos pensées, et notre amour, puissent convoquer la tempête et la rapprocher de nos falaises. Pour qu’à nouveau, le vent souffle dans nos voiles. Hwyl Fawr.

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