• Marie Robert

Ceci ne doit pas disparaître des programmes scolaires



La nuance est l’intensité, plus ou moins forte que peut prendre une même couleur. C’est aussi une teinte que l’on peut distinguer des autres par une subtile variation. La nuance est donc une affaire de délicatesse, de précision, de capacité à percevoir ce qui change, même infiniment et dès lors, ce qui n’est pas semblable à l’autre. La nuance est l’élément clé de la compréhension littéraire et philosophique. Saisir que l’usage d’un terme n’est pas similaire à l’usage de son voisin, est le pilier de l’analyse. C’est de cette manière que l’on perçoit ce que l’auteur cherche transmettre, dans la profondeur de sa langue. Cet apprentissage n’est pas le vestige d’une psychorigidité un peu datée, un truc de profs maniaques, au zèle pointilleux. Au contraire. C’est dans les textes que l’on apprend la nuance, mais c’est dans la vie qu’on l’expérimente. Être capable de saisir la nuance entre deux émotions, entre deux teintes de ciel, entre deux opinions politiques...est ce qui nous permet de décider, de nous orienter, de construire. Dissoudre le sens de la nuance, c’est plonger dans le chaos du « même », du « tous pareil ». La difficulté, quand elle est accompagnée, n’est pas un fardeau est le ciment de la confiance et de la liberté. N’en privons pas nos générations à venir.

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