• Marie Robert

Ceci ne deviendra jamais une habitude



Trois jours que cette capture d’écran sommeille dans mes photos entre deux piles de livres, trois clichés de Bernard Plossu, et le portait d’un zèbre flirtant aux côtés d’un lion. Une simple capture d’écran dans mon cabinet de curiosités intimes. Une loi de plus grignotant le territoire de nos évidences. « Mais enfin voyons les Etats-Unis sont le pays de tousles excès on le sait bien ! ». La banalisation des démences de l’autre pour mieux cacher les siennes. La certitude d’être toujours si soigneusement à l’abri, alors que tapis dans l’ombre un bruit sourd se rapproche. Mais qu’en est-il de ces adolescentes que je côtoie tous les jours ? Que va-t-on leur dire ? Que l’avortement c’est une question très compliqué ? Que c’est idéologique ? Que la vie est toujours un précieux cadeau ? Qu’un enfant qu’on ne désire pas pourra facilement s’épanouir dans son existence ? Qu’elles n’avaient qu’à se protéger plus efficacement ou mieux calculer leur cycle ? Qu’il y a toujours des solutions à tout ? Que seul un viol peut justifier une interruption de grossesse ? Qu’elles doivent se rendre compte de leurs actes et se morfondre de culpabilité ? Que les jeunes femmes des milieux privilégiés sont à l’abri de tout cela ? Que ces combats sont obsolètes ? Que ce sont des histoires de filles ? Plus je lis ces mots et plus ma colère gronde et se propage. Si la philosophie n’est pas un bavardage, c’est parce qu’elle nous engage et rend l’individu libre de ses décisions. Respecter le vivant, c’est respecter les émotions de celui qui les produit, en dehors de toutes constructions culturelles ou religieuses. Être capable d’une écoute et d’un accompagnement, qui bien plus que suspendre la responsabilité, conduisent l’individu à être là et à prendre possession de son existence en choisissant. Ne nous habituons pas aux inepties.

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