• Marie Robert

Ceci n’est pas uni.


C’est un amoncellement d’assiettes sur une table après un repas. C’est le vent après l’orage. C’est ce temps singulier entre deux vies, entre deux amours, entre deux métiers, parfois même entre deux âges. C’est un espace de transition, qui nous laisse un peu chancelant, presque hagard, flirtant avec nos doutes, jouant avec nos espérances. Il y a quelque de radical dans ces instants de confusion. Dans ces moments de transition. Les repères se troublent, on ne sait pas où mettre les pieds, on trébuche, on perd confiance, on fait face à nos peurs les plus viscérales. Et pourtant, c’est ici que se dessinent nos contours, c’est ici, dans les confins de nos brouillards que doucement, nos pensées se précisent, que nos projets s’affirment et que nos dégoûts deviennent des écueils rédhibitoires. Le bordel. La pagaille. Le waï. Tout un langage pour dire que la transformation ne se fait pas dans la logique, dans le calme pernicieux d’un lac ou dans la justesse illusoire d’un business plan, mais qu’elle est le fruit du chaos. « L'origine de notre monde n'est pas un événement, infiniment distant dans le temps et dans l'espace, à des millions d'années lumières de nous-elle ne se trouve pas non plus dans un espace dont nous avons plus aucune trace. L'origine du monde est saisonnière, rythmique, caduque comme tout ce qui existe. Ni substance ni fondement, elle n'est pas plus dans le sol que dans le ciel ; mais à mi-distance entre l'un et l'autre. Notre existence n'est pas en nous, - mais en dehors, en plein air. Elle n'est pas quelque chose de stable ou d'ancestrale, un astre aux dimensions démesurées, un dieu, un titan. Elle n'est pas unique. L'origine de notre monde ce sont les feuilles : fragiles, vulnérables et pourtant capables de revenir revivre après avoir traversé la mauvaise saison » - Emmanuel Coccia, La vie des plantes. Je vous souhaite une journée d’entre-deux.

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