• Marie Robert

Ceci n’est pas une supercherie.


Ceci n’est pas une supercherie. Mercredi, je me suis demandée si un jour j’en finirais avec ce fichu syndrome de l’imposteur. Si un jour, j’arrêterais de me liquéfier en pensant que peut-être je vais avoir une mauvaise note, que je vais décevoir, qu’on va démasquer mes défaillances, qu’on va révéler mon inculture, que tout va s’arrêter et que mes réussites sont en fait des écueils. D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été remplie par ce lac stagnant, par ce curieux sentiment de ne pas faire assez, de n’être pas assez et surtout, de ne pas vraiment mériter. Et je crois que nous sommes des milliers comme cela. A ne pas savoir quoi faire d’un compliment, à douter de chacun de nos projets, à faire demi-tour pour éviter de se confronter, à être terrorisé à la perspective de ne pas être reconduit, à travailler sans relâche pour tenter de rattraper les autres, et j’en passe. Mais à force d’observer ces mécanismes, on parvient tout de même à les apprivoiser. Le fait est que si l’on commence à s’interroger sur notre « valeur » intrinsèque, on plonge dans un gouffre infini. Il y a des centaines d’individus sur cette terre qui écrivent mieux que moi, qui sont plus experts en philosophie, qui montent des projets plus pertinents, qui élaborent des systèmes plus rigoureux. C’est une évidence, et tant qu’on se situera sur un plan individualiste, on établira des comparaisons, on mesurera des performances, et on fera de la compétition une norme face à laquelle pour être heureux, il faut être le meilleur, le plus intelligent, le plus diplômé, le plus admiré. Mais au fond, lorsqu’on change de prisme lorsqu’on pense équipe, lorsqu’on pense action, on s’aperçoit que tout ça n’a vraiment aucune importance. Hier, j’étais dans le bureau avec des femmes faisant toutes des choses différentes et remarquables et qui, dans le bordel du quotidien, donnaient vie à des centaines de milliers de gestes aussi mobiles qu’imparfaits, aussi beaux que nécessaires. Je me suis dit que les mains dans le cambouis n’étaient jamais une imposture. Hier, mon lac stagnant était pris dans la beauté des vagues. Je vous souhaite de remplacer le doute par du mouvement. #Bonjour

18 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout