• Marie Robert

Ceci n’est pas une rentrée scolaire.


Apprendre à aimer. Un refrain entêtant. La croyance, si courante, qu’il faudrait s’initier à l’amour, passer par différentes étapes, suivre une méthode normative, être en possession d’un nombre suffisant de connaissances, pour finalement oser dire qu’on aime et qu’on le fait de la « bonne » façon. Mais n’y-a-t-il pas quelque chose de troublant dans cette approche ? Est-il vraiment question d’acquérir un savoir ? L’amour est-il une discipline comme les autres ? Quand avons-nous appris à aimer ? Quelle école faut-il faire ? N’y-a-t-il pas une évidence de l’amour ? La première fois que vous avez tenu votre sœur dans vos bras lorsque vous étiez enfant. Le sentiment qui nous envahi lorsque nos yeux plongent dans ceux de notre amoureux. La tendresse irrépressible dans notre main rejoignant celle de notre maman. L’excitation de retrouver nos amis après des mois de séparation. Est-ce que ces moments sont le fruit d’une initiation ? Sans doute faut-il nuancer ce curieux « apprendre à aimer ». Ce qu’on apprend ce n’est pas l’amour. Ce qu’on apprend, c’est l’altérité. Car ce qui s’ajuste sans cesse, c’est notre identité lorsqu’elle se confronte à celle des autres. On apprend à écouter, à parler, à respecter, à dire au lieu de cacher, au lieu de nier, au lieu de frapper. On apprend à apaiser sa jalousie, à dissoudre ses angoisses, à faire entendre ses doutes. On apprend à s’enthousiasmer, au lieu d’avoir peur, au lieu de menacer, au lieu de moquer. On apprend à agir, à comprendre, à pardonner, à revenir sur ce qu’on a dit. On apprend à demander de l’aide, à laisser de l’autonomie, à gagner en confiance. On apprend à être un peu moins lâche, un peu moins égoïste, un peu plus calme. Ce qu’on apprend sans cesse, c’est à dessiner des contours qui nous permettent de donner et de recevoir cet amour. Je vous souhaite une journée d’apprentissages sans fin.

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