• Marie Robert

Ceci n’est pas une répétition



C’est une conviction. Hier, un enfant m’a demandé ce que je pensais de la Saint Valentin. Je suis restée perplexe, tentant de nuancer les considérations commerciales et injonctives qu’une telle fête suppose. Mais surtout, me sont revenus intacts ces mots, écrits il y a quelques mois sur l’idée d’aimer « comme au premier jour ». Le 14 février les met parfaitement en perspective. « Comment aime-t-on au premier jour ? On aime sans connaitre, on aime sans avoir appris l’autre, on aime par projection, on aime à travers soi. C’est le temps de l’excitation et de la mise en scène. Et c’est infiniment charmant. Mais veut-on que ce joli badinage dure toute la vie ? Je crois qu’il y a autre chose. Je crois en l’amour du deuxième, du troisième et même du dernier jour. Celui qui doit sans cesse se réinventer, lutter, construire. Celui qui à la surface répond par la profondeur, qu’importe si c’est parfois celle des ténèbres. Il faut arpenter des sommets. Résoudre l’équation impossible qui nous met au défi d’articuler sécurité, promesse d’éternité et sauvagerie primitive. L’existence entre les individus est un orage perpétuel. L'air entre leurs visages est plus intense, plus hostile, plus fulgurant, qu'entre les arbres ou les pierres. Mais parfois, de rares fois, de belles fois, la foudre tombe vraiment. Alors pouvoir le vivre devient la chose la plus précieuse au monde. La plus absurde des folies. Je veux l’amour des jours qui suivent ». Je vous souhaite une Saint Valentin qui flirte avec l’éternité.

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