• Marie Robert

Ceci n’est pas une question d’âge



L’autre jour en marchant dans la rue, j’ai entendu une femme dire à une autre : « oh tu sais comment c’est, il grandit, il n’a plus besoin de moi ». Son ton résigné était à la hauteur de sa déchirante nostalgie. Son fils avait quitté le foyer, et elle se sentait dépossédée d’une partie d’elle-même, reléguée à un coup de fil en cas de nécessité. Quelle curieuse vision. Je n’ai pas d’enfants, mais je suis une fille. Autonome. Je gagne ma vie, je fais mes lessives, mes courses, ma compta, je sais prendre des décisions, je ne cherche aucun soutien, ni financier, ni psychique. Et pourtant, je suis infiniment proche de mes parents. Mon besoin n’a rien de pragmatique. Il est affectif. Je les aime en tant qu’individus avec qui j’aime passer du temps, échanger, discuter, rire. Je prends un plaisir fou à les voir construire, se projeter, vivre. Les liens ne sont pas restreints à une dépendance toxique qui aurait le goût du devoir ou de l’infantilisation. Les modalités s’adaptent et s’enrichissent au fil de l’existence. La nostalgie empêche parfois de percevoir et de choyer l’avenir de la relation. J’ai eu envie de répondre à cette inconnue qu’à chaque âge suffit sa joie. Sortons des clichés, rien ne disparaît mais tout change sans cesse. Et c’est tant mieux. De l’enfant à l’adulte, l’amour ne s’arrête pas à des sacs de linge, faisons lui confiance pour toujours savoir se réinventer.

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