• Marie Robert

Ceci n’est pas une posture



Encore moins un faux semblant. C’est cette légère satisfaction qui nous traverse lorsqu’on aide un inconnu à ouvrir une porte parce qu’il a les bras chargés. Ou à porter une poussette trop lourde dans les escaliers du métro. C’est ce sourire aux coins des lèvres quand on donne un coup de main discret à une connaissance lui permettant, peut-être d’aller un peu plus loin dans son rêve. C’est cette envie de devenir une passerelle, sans jamais attendre un quelconque retour, qu’il s’agisse de gratitude, de prestige ou d’aura. C’est un simple acte de gentillesse. Ni grandiose, ni spectaculaire, encore moins héroïque. Et c’est pourtant essentiel, car dans cette capacité à se sentir utile, il y a un plaisir véritable, qui n’est commun à aucun autre. C’est le plaisir altruiste. Le « warm glow » comme le dit si bien la langue anglaise. Le système limbique se réchauffe, produit une petite décharge de dopamine qui, pour quelques secondes au moins, nous laisse appréhender le monde avec confiance. Le « warm glow » n’impose aucun devoir, ni ne s’enracine dans aucune bonne conscience, mais s’ancre dans la perspective que le plaisir est un moteur, et qu’il peut se détacher de nos nombrils pour se tourner vers l’autre. Soudain, la charité cesse d’être un consommable bien-pensant, mais devient une manière d’être au monde, de faire face aux autres. Recroquevillés dans la même barque, tentant de voguer sur les flots. Je nous souhaite de retrouver le plaisir et la singulière chaleur du « warm glow ».

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