• Marie Robert

Ceci n’est pas une possession



Le corps. Sublimé, magnifié, contrôlé. Plus qu’une tendance, une nouvelle ère. Nous sommes désormais amenés à faire de notre corps le centre de notre identité. On ne le subit plus, mais on le choisit. Espace constant de créativité. D’une façon inédite, il y a une pluralité de corps, accessibles par l’entraînement, l’alimentation, l’habillement. L’espérance de vie augmente, elle s’étire dans une infinité de possibles et de renouvellements. Le corps peut devenir confortable, les traitements, la discipline et l’hygiène de vie, nous offre une nouvelle perspective : celle de la puissance. Le triomphe d’une chair qui n’est plus tabou. Cette mutation anthropologique est bouleversante et libératrice. L’individu moderne se retrouve avec de nouveaux pouvoirs, mais aussi avec de nouvelles responsabilités. Il faut entretenir ce corps, le soigner, le comprendre. Plus on dispose de moyens techniques, de moyens d’informations (sur la nutrition, la médecine, etc.), moins on peut ignorer nos devoirs vis-à-vis de lui. Ainsi le rapport contemporain au corps est celui d’un pouvoir, mais aussi d’une culpabilité. D’espace ignoré, maltraité, il est devenu le centre de toute nos injonctions. L’oubli laisse place à la dureté. Il faut. Ritournelle nécessaire mais obsédante. Comme s’il y avait une vérité à la clé. Comme si à nouveau le corps était séparé de l’esprit. Une exigence de vie longue, et non de vie bonne. Peut-être que c’est ici qu’une nuance s’impose. Un dialogue intime. Le juste positionnement entre un corps qui existe enfin, qui se libère, se montre, se soigne, et un corps instrumentalisé, qui n’est qu’un objet soumis aux diktats sociétaux. Nous n’avons pas un corps. Nous sommes un corps. Une somme confuse d’émotions et de sensations qui s’entrechoquent. En prendre soin, c’est aussi être à l’écoute de ce tout. Je vous souhaite une journée de douceur et d’attention. Une journée où l’être ne fait qu’un.

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