• Marie Robert

Ceci n’est pas une obligation.


Le corps est alangui. Ecrasé par la chaleur, et par ces derniers mois qui n’ont été qu’une lutte incessante. On se retrouve à l’arrêt. La rentrée nous guette, elle est à l’affut, tapis dans l’ombre des parasols, mais elle n’est pas encore tout à fait là. Etrangement, c’est souvent lorsque nous sommes au repos que nous nous questionnons sur l’effort. Pourquoi passons-nous la plupart de notre journée à déployer notre énergie ? A faire plus que ce qu’on aurait cru possible ? A relever des défis, qu’ils soient intimes, professionnels, scolaires, ou physiques ? Dans l’ivresse des vacances, pointe le curieux refrain du « à quoi bon ? ». Au fond, il est évident que l’enjeu ne repose pas sur les efforts à faire ou à abolir, mais plutôt sur les raisons qui nous y conduisent. Car « Faire des efforts » suppose d’interroger nos désirs, de nous frotter au réel et d’établir ce qui compte pour nous, ce qui en vaut la peine. Vers quoi tend notre envie ? Que voulons-nous ? Il n’y a pas de réponses plus louables que d’autres, il y a seulement celles qui nous ressemblent et n’appartiennent qu’à nous. L’effort, ainsi considéré, n’est plus une valeur refuge pour une société hyperactive et compétitrice. Au contraire, il devient un levier pour faire entendre ce qui nous habite, ce qui est notre essentiel, notre nécessité. Comme le dit avec justesse Charles Pépin : « Les efforts ne devraient donc jamais être une fin, jamais être perçus comme un bien en soi. Ils sont au mieux un moyen, la fin étant de trouver son axe et de s’y trouver assez bien, assez à sa place, pour que la notion même d’effort s’en trouve comme déplacée ». Alors peut-être que dans ce sursis du mois d’Août, nous pouvons prendre la température de nos profondeurs. Laisser nos aspirations s’exprimer, nos ardeurs se dévoiler, nos désirs s’affirmer. Un rêve ? Un projet ? Une nouvelle compétence ? Un déménagement ? Un poste à pourvoir ? Un voyage ? Une aventure ? Qu’importe, tant qu’on affronte l’interrogation et qu’on cesse de trahir notre volonté. Je vous souhaite une journée de réponses à vos « à quoi bon ? ».

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