• Marie Robert

Ceci n’est pas une leçon.


Ceci n’est pas une leçon. C’est curieux comme ce genre de période vient particulièrement mettre à mal la notion de « justice ». Encore plus que d’habitude, nos différences de vécus deviennent criantes, insensées, voire même insoutenables. Pourquoi le soir de Noël, certains seront à l’hôpital tandis que d’autres jouiront d’un foyer uni ? Comment se fait-il que des individus dorment dans la rue alors que d’autres croulent sous les cadeaux ? Et que dire de ceux qui viennent de perdre un être cher à l’heure où nombre d’entre nous sont en famille ? Je ne sais pas toujours quoi faire de ces pensées, si ce n’est être mortifiée par une vaine culpabilité. Alors bien sûr, pour y répondre, il y a déjà l’impérieuse urgence de savourer notre chance. La gratitude n’est pas une posture, elle est une prise de conscience, elle nous engage à distancier nos agacements et à honorer les ressources dont nous disposons. Mais peut-être y a-t-il autre chose encore, c’est pouvoir, chacun à notre échelle, mettre un peu plus de justice dans notre monde. Pour traduire cette idée, il existe un mot dans le judaïsme, qu’on retrouve aussi dans l’Islam, mais qui à mon sens dépasse largement le cadre religieux, c’est celui de « tsedaka ». Ce terme n’a pas vraiment d’équivalent en français. On le traduit souvent faute de mieux, par « charité », mais cela ne rend pas tout à fait hommage à sa signification profonde. La charité, vient du mot « tendresse », c’est un acte de bonté vis-à-vis du prochain, il s’agit d’être généreux et vertueux. A l’inverse, la « tsedaka » vient du terme hébreux « tsedek » signifiant justice, cela n'exclut pas la tendresse, mais le concept ne repose pas sur la bonté naturelle des individus. C’est plutôt une obligation, indépendante des sentiments que l’on a vis-à-vis d’autrui. Le geste de donner, de l’argent, du temps, de la présence, un simple coup de main, de la nourriture ou des compétences, permet de rendre ce monde un peu supportable. Le développement personnel passe par l’action collective, par l’idée que nous pouvons tous mettre un peu de douceur dans l’absurde injustice. Si nous le pouvons, nous le devons. Je nous souhaite de tendre nos mains. #Bonjour

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