• Marie Robert

Ceci n’est pas une issue fatale.


Ceci n’est pas une issue fatale. Il n’y a pas longtemps, je suis allée au cinéma, voir le film de Ridley Scott, House of Gucci. Il y aurait beaucoup à dire sur l’intrigue captivante, le jeu des acteurs, souvent, époustouflant, ou l’envie soudaine d’aller boire des cafés à Milan. Mais ce qui m’a le plus touché ne réside pas dans une critique de cinéma. Ce qui m’a marqué, c’est plutôt la « malédiction » dont on perçoit les racines dès le premier plan. Tout indique l’issue mortifère. Et ce n’est pas seulement parce qu’on connait l’histoire, c’est aussi parce que lorsqu’on est spectateur, on parvient à analyser avec plus de subtilité et de recul, les choix malheureux des personnages. Comme au théâtre pour enfants, on a envie de se lever de notre fauteuil et de crier au héros : « Non, voyons ne fais pas ça ! ». Sauf que c’est impossible et que le mécanisme se referme inéluctablement. Les graines de la tragédie finissent par germer, et impuissant, nous assistons à la chute annoncée. C’est un procédé déroutant autant que fascinant. Et ça l’est d’autant plus lorsqu’on sort de la salle obscure, et que le héros n’est autre que nous. Est-ce que nous sommes, au moment même où j’écris ces lignes, en train de semer les graines de notre futur malheur ? Quels choix, fait aujourd’hui, vont nous conduire à notre déclin ? Je vous l’accorde, ces questions peuvent sembler angoissantes, et il faut avouer que la plupart de nos drames sont le fruit d’ignobles imprévus. Cependant parfois, en prenant de la distance, en décortiquant notre existence, on admet que certaines choses étaient « déjà là », tapies dans l’ombre, il y a bien longtemps. Et l’heureuse nouvelle, c’est qu’en le réalisant suffisamment tôt, on peut arrêter la machine, et se crier à nous-mêmes : « Non, voyons, ne fais pas ça ! ». Ce n’est pas toujours simple, les réticences sont tenaces, on ne sait pas bien par où commencer, mais ça en vaut la peine car c’est ainsi qu’on peut s’en aller planter d’autres graines, des graines de lumière et de joie. Soyons spectateurs de nos vies, et laissons la conscience prendre le pas sur ce que l’on croyait inexorable. Je vous souhaite d’apprécier le film. #Bonjour

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