• Marie Robert

Ceci n’est pas une invitation.


Ceci n’est pas une invitation. Pourquoi est-ce si difficile de dire non ? Pourquoi nos journées se retrouvent souvent remplies de choses qu’au fond nous n’avons pas vraiment envie de faire ? Je ne parle pas des contraintes professionnelles ou familiales qu’il nous est impossible de contourner. J’évoque plutôt tout ce que nous rajoutons à nos agendas déjà surchargés, simplement parce que nous sommes incapables de formuler un refus, et que chaque demande nous semble être un ultimatum. C’est en vertu de ce processus qu’on se retrouve à des dîners, l’air épuisé, se demandant ce qu’on fait là, alors qu’en réalité ce qu’on aurait vraiment souhaité, c’est rentrer se glisser sous notre couette. C’est aussi de cette façon, qu’on frôle le burn-out en prenant en charge un nouveau projet, car on n’a pas réussi à avouer qu’on croulait déjà sous le travail. Et parfois, d’acceptations en acceptations, c’est ainsi qu’on finit dans des situations contraires à notre éthique, à nos besoins, à nos envies, et même à notre santé. Au delà, de perdre le fil de notre identité. Alors évidemment, l’ambition qui se dissimule derrière nos « oui » compulsifs, est louable, elle consiste à vouloir « faire plaisir » et je ne connais pas de projet plus précieux que d’aller au-delà de soi pour montrer aux autres qu’on tient à eux. Qui ne s’est pas déjà forcé pour un proche et en a ressenti de la satisfaction ? Sauf que lorsque cela devient systématique, l’enjeu est différent. On veut faire plaisir parce qu’on a la peur panique de décevoir, parce qu’on a besoin que notre interlocuteur nous aime et nous accorde de la considération, et in fine, parce qu’on manque de confiance en nous. Je suis vraiment mal placée pour savoir comment sortir de ce mécanisme pernicieux, mais peut-être que le premier pas est de reprendre conscience des moments où on a envie de dire oui et de ceux où on a envie de dire non, ne pas précipiter la réponse, mais aller vérifier en nous-mêmes notre désir. Et si le refus s’impose, rappelons-nous que ceux qui exigent une justification, ne sont sans doute pas ceux qui méritent le plus notre présence et notre engagement. Je vous souhaite de ne pas vous perdre. #Bonjour

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