• Marie Robert

Ceci n’est pas une futilité.


Façonner une image à partir d’une ombre projetée sur le mur. Se faufiler entre différents scénarios à la seule force de sa pensée. Etre secoué d’émotions en regardant un film dont on sait pourtant qu’il est tissé de fiction. Laisser ses doigts courir sur le clavier et donner vie à des personnages. Avoir l’audace de détourner les usages, de ne pas colorier dans les espaces qui nous sont attribués. La fantaisie est la capacité de l’esprit humain à créer des choses, des mots, des mondes, sans se soucier de leur vérité. Ce n’est pas un caprice, ni une pratique enfantine et farfelue, c’est au contraire l’ultime expression de notre liberté et de nos inconscients. Exercer sa fantaisie, c’est permettre à nos doutes, à nos peurs, à nos fantasmes, à nos douleurs, à nos désirs, à nos nostalgies, de se révéler, de se hisser au-dessus de la réalité immédiate. Ou que l’on soit et quelque soit notre âge. Ce qui nous habite ou nous préoccupe prend corps, s’incarne, gagne en densité, et c’est alors que nous avons l’opportunité de les regarder en face, de comprendre ce que ces errances fantaisistes ont à nous dire. C’est une autre manière d’écouter, ou peut-être de s’écouter et d’entendre l’étrange symphonie de notre âme. Dans son livre sur les étymologies, Andrea Marcolongo rappelle que le terme « fantaisie » partage la même racine que le mot « fantôme » qui littéralement signifie apparition : « Loin de moi l’idée de susciter la frayeur ni d’inciter à croire aux tours joués par les fantômes, mais c’est précisément ce que nous demande l’etymon : si nous avons cru apercevoir un spectre, c’est peut-être qu’il y en a vraiment un. Non dans le placard, mais en nous ». Je vous souhaite vos voguer à travers votre imagination.

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