• Marie Robert

Ceci n’est pas une formule.


C’est une bande de copains autour d’une table et un déjeuner dont on dit qu’il est un « trois fois rien », alors qu’en réalité, on a passé un long moment à le préparer. C’est une sortie pour les enfants au parc aquatique avec des billets hors de prix et des queues à la densité maximale. C’est un cadeau qu’on a patiemment cherché, emballé, composé, et qui a été mis de côté. C’est au bout du compte un effort, dont on estime qu’il n’a pas été reçu de la juste manière. Une absence de considération, qui nous aurait pourtant fait du bien. Combien de fois dans notre vie avons-nous souhaité « faire plaisir » ? Combien de fois avons-nous agi en espérant que l’autre reconnaisse notre qualité, notre génie, notre politesse, notre gentillesse, notre attention, mais surtout, notre amour ? Combien de fois avons-nous eu le cœur chaviré face à des réactions décevantes, maladroites, inélégantes, peut-être même insensées ? Bien sûr, qu’il ne s’agit pas d’une simple histoire de remerciements. L’enjeu est de se sentir exister dans le regard d’autrui, de rentrer en lien avec lui, de lui témoigner quelque chose qu’il puisse recevoir, afin d’échanger à son tour. Mais c’est ici, que le « faire plaisir » mérite d’être décomposé. Peut-être s’agit-il plutôt de créer un langage, d’atteindre l’autre, de quitter la posture du sacrifice déguisé pour oser dire : « Regarde. Constate comme je t’aime, comme je veux te toucher, te faire sourire, adoucir ta journée ». Ce n’est pas une quête de récompense ou de félicitations, c’est une caresse qui, ainsi considérée, n’en a que faire des comptabilités. C'est être ensemble, vivre un moment réunis. Alors sans doute que l’interrogation qui demeure est plutôt qui souhaitons-nous caresser ? Est-ce que tous les gens à qui nous voulons « faire plaisir » méritent la chaleur de nos mains ? Je vous souhaite une journée de plaisir partagé.

2 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout