• Marie Robert

Ceci n’est pas une fatalité.


Ceci n’est pas une fatalité. Un œil puis l’autre. Quelque chose vient de se loger dans le confort de mon oreiller. Pourquoi est-on envieux ? Pourquoi ce goût acre s’immisce au coin de notre cœur ? Pourquoi suffoque-t-on en voyant que certains jouissent de ce qui nous manquent ? Un regard. Une attention. Un peu de vacances. Un salon bien rangé. Une santé de fer. Un esprit dénué d’angoisses. Un jardin. Un emploi. Une famille. Un amour. Un cartable stylé dans la cour. Un réseau efficace. Un teint lumineux. Une heure de sommeil en plus. En somme, une autre existence que la nôtre. Qu’importe l’objet de nos envies, tant elles nous rongent. On se retrouve capable des remarques les plus perfides et des commentaires les plus maladroits. L’envie fait naître l’inélégance. On invoque la morale, on pointe du doigt l’injustice. On veut montrer combien le voisin ne mérite pas sa place. On maquille de rationnel ce qui n’est qu’émotions. Et finalement, on crée notre propre malheur en souhaitant celui de notre frère. On rêve de le voir trébucher. Comment l’envie, simple convoitise, peut si mal tourner ? Comment glisse-t-elle du désir au ressentiment, et du ressentiment à la haine ? L’injustice est parfois réelle, nous n’avons pas tous la chance en partage. Le constater dévore mais ce qui se joue est autre qu’une volonté d’égalité. La vague qui nous submerge n’a rien à voir avec autrui, ce sont nos pieds qui n’arrivent pas à s’ancrer dans le sol, ce sont nos désirs qui brûlent de ne pas être assouvis. Alors que se passerait-il si nous parvenions à dire ce dont nous avons besoin ? Si nous changions de système ? Si l’énergie que nous déployons en enviant se transformait en appel au soutien ? Si l’autre devenait un tuteur sur lequel s’appuyer ? Si la concurrence prenait des airs de collaborations ? Ce n’est pas illusoire. Ce n’est pas de la positivité naïve. C’est une urgence qui nous concerne tous. Car si l’un trébuche, comment garantir que le prochain ne sera pas moi ? Et dans ce cas, qui nous relèvera ? Notre vulnérabilité mérite de s’enrouler dans la douceur du collectif, plus que dans l’aigreur d’une vaine envie. Je vous souhaite une journée d’équipe. #Bonjour

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