• Marie Robert

Ceci n’est pas une faillite.


Ceci n’est pas une faillite. Il y a vraiment de nombreuses circonstances où je me sens inapte, c’est-à-dire, dépourvue des capacités attendues pour réaliser correctement la tâche qui m’est demandée. C’est une sensation étrange, un peu humiliante, à laquelle on s’habitue avec difficulté. On se sent idiot, malhabile, un peu bancal. On rougit, on patauge, on est à côté d’une plaque, impossible à viser. Il y a cette impression confuse que notre cerveau ne parvient pas tout à fait à assimiler ce qu’on lui demande, qu’il butte, et que les réponses qu’il fournit sont inappropriées à la situation. Je me sens inapte lorsqu’il s’agit de manier des chiffres, car même des opérations assez simples suscitent, chez moi, un léger mouvement de recul, une panique palpable. Je me sens inapte lorsqu’il faut user de coordination, j’admire, fascinée, la fluidité des chorégraphies élémentaires, comme des gestes venus d’un autre monde. Je me sens inapte lorsqu’il faut reconnaitre des sons qui pour moi, ne jouissent d’aucune différence, et je déplore mon manque de finesse dans l’audition. La liste de mes inaptitudes est longue, et les nommer ne m’empêche pas d’apprendre, ni de tenter de progresser. La persévérance est un horizon à jamais disponible, l’exigence est un socle. Sauf que force est de constater que ces domaines ne seront jamais ceux de l’évidence. Cependant, j’ai la chance d’avoir su très tôt que mes compétences étaient ailleurs, et qu’à défaut des chiffres, je trouverai, par exemple, l’abondance dans les mots. Or, à l’inverse, combien d’entre nous se focalisent uniquement sur leurs inaptitudes, sur leurs échecs, sur les lieux arides où tout se tend ? L’habitude vient sans doute de notre système scolaire qui souligne de rouge nos défaillances, oubliant un peu vite la multiplicité de nos intelligences. Nos systèmes de compréhension, de mémorisation, de cognition ne sont pas les mêmes, et c’est tant mieux : nos écueils sont les réussites des autres. Alors certes, nos progrès sont à l’aune de nos efforts, et il n’est pas question de faciliter à outrance, mais plutôt de ne jamais oublier de considérer toutes nos facettes. Je vous souhaite de chérir vos talents. #Bonjour

34 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout