• Marie Robert

Ceci n’est pas une enveloppe vide.


Le monde d’après. Le monde d’avant. Le monde qui ne cesse jamais de changer bien, au-delà du confinement. Entre crainte et nostalgie, notre âme se balance, redoute, freine, et pourtant… Et pourtant, on trouve chez Hegel, un merveilleux terme, celui de « plasticité ». Selon le philosophe allemand, pour un individu, il y a trois manières d’affronter les choses qui nous arrivent. Soit nous sommes rigides et refusons de nous laisser transformer. Soit nous sommes totalement malléables et adoptons sans cesse de nouvelles identités. Soit nous nous ouvrons à la modification tout en résistant à la déformation. Rigidité, polymorphisme et plasticité, trois chemins possibles, trois manières de faire corps avec le monde. La dernière attitude est peut-être la seule viable. Car l’extérieur nous forme, nous impose des règles, des lois, des normes, mais il ne doit pas nous plonger dans la passivité, et nous faire perdre notre capacité à raisonner, à nous mouvoir, à agir, à continuer, à interroger. Bien des années après Hegel, la neurologie nous apprend que si le cerveau est génétiquement déterminé, il se transforme aussi en fonction de ce qu’il fait. Il est programmé pour se déprogrammer et se reconfigurer sous l’influence de l’environnement, des habitudes, de l’éducation. Nous sommes acteurs de nos transformations, acteurs de nos mouvements. Faisons de cette plasticité la matière de notre confiance pour avancer, sans nous déformer, ni perdre pieds. Je vous souhaite une journée sereine où vos rêves épousent votre plasticité. Vaille que vaille, nous y arriverons.

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