• Marie Robert

Ceci n’est pas une dissertation



Nous sommes à l’aube d’une troisième semaine de confinement. Après l’agitation, la stupeur, l’abattement, la crainte, le courage, l’organisation, la colère, l’agacement, le désespoir, la suffocation…etc. Quelles nouvelles teintes vont revêtir les jours à venir ? Les grilles d’analyses sont confuses autant que subjectives. Les situations sont disparates, aucune ne ressemble à l’autre. Mais peut-être y-a-t-il quelque chose d’universel dans tout cela : ce temps peut, pour chacun de nous, devenir un temps philosophique. La philo ne rend pas heureux. Elle ne soigne pas. Elle n’agrandit pas la taille du salon. Elle ne renforce pas nos abdos. Elle n’occupe pas les enfants. Elle ne coud pas des masques. Elle n’empêche pas les larmes. Elle n’apaise pas l’envie de courir au grès de vent. Elle n’est pas une méthode. Pourtant, elle est précieuse, infiniment précieuse, urgente même, car elle déstabilise. Elle ébranle nos convictions pour que nous puissions les reconstruire autrement. Elle permet de ne pas se soumettre à la peur, au pouvoir, aux habitudes, aux préjugés, aux clichés, aux chaînes d’infos, aux ombres projetées sur nos cavernes. Ce n’est pas de la désobéissance. C’est un ancrage, un appel à une compréhension claire de ce que nous vivons, une résistance à l’irrationalité de nos comportements, qui si vite s’installe. Qui sommes-nous ? Ou allons-nous ? Quels modèles dessinons-nous ? Quel système politique sommes-nous en train d’élaborer ? Quelles valeurs éducatives transmettons-nous ? Quelles sont nos solidarités ? Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? L’action ne peut faire l’économie de la pensée. Osons l’inconfort que suppose la réflexion, c’est le chemin vers l’air libre.

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