• Marie Robert

Ceci n’est pas une défaite.


Ceci n’est pas une défaite. Une des choses qui m’intéressent le plus dans l’existence, c’est la façon dont s’organisent nos rapports, Que ce soit dans notre famille, dans nos couples, dans nos vies professionnelles ou dans notre société. Chaque jour, je me demande, tiens comment vit-on ensemble ? Qu’est-ce que cela suppose comme ajustements, comme bonheurs, comme contraintes ? Il y a quelques matins j’écrivais sur les dangers de la complaisance, qui flirte si souvent avec l’insupportable lâcheté. Pour autant, je ne crois pas que son contraire soit uniquement l’expression d’une brutale vérité. Je crois de toutes mes forces au compromis. Qui n’est pas de la faiblesse, pas de l’opportunisme. Le compromis est synonyme de vie. Et l’inverse du compromis est le fanatisme et la mort. Il me semble que cela est valable dans tous les domaines de notre vie. D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai eu conscience que nos manières de penser, de faire, de dire, de bouger, d’aimer, de croire, d’apprendre étaient différentes. Parfois, ces manières d’être et de comprendre sont si différentes qu’elles deviennent inconciliables. Combien de disputes spectaculaires en vacances avec des amis, sur ce qu’est ou non une « maison propre » ou « un programme sympa » ? Ce n’est qu’un exemple trivial, mais l’enjeu est bien là. Que faire face à nos différences ? Rompre à tout jamais ? Ne plus se voir ? Peut-être est-ce cela le plus juste. Peut-être est-ce ainsi qu’on peut se regarder le soir dans son miroir. Mais j’ose envisager qu’il y a quelque chose d’autre à explorer, au tiers du chemin, ou au deux-tiers, ou à mi-chemin. Ce n’est pas tendre l’autre joue, ni plier, ni s’effacer. C’est laisser un possible exister. C’est renoncer à notre solitude parfaitement alignée pour vivre dans le bordel du monde et des hommes. « À la conclusion d’une tragédie de Shake­speare, la scène est pleine de morts, de cadavres… justice est peut-être faite… Dans une tragédie de Tchekhov, à la fin, la scène est pleine de gens déçus, tristes et désillusionnés –mais vi­vants ! » - Oz. Je vous souhaite le courage des compromis. #Bonjour Credit : @cturlington par Pamela Husson.

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