• Marie Robert

Ceci n’est pas une contrainte



Quel curieux mois que celui de Décembre. Des mondes se confrontent, s’opposent, contrastent. L’obscurité défie la lumière. Le givre des forêts nargue l’ambiance feutrée de nos intérieurs. Les âmes se divisent entre celles qui chérissent Noël et celles qui se sentent malmenées par ces effusions plus ou moins sincères. Les émotions se juxtaposent autant que les valeurs. Mélancolie versus Excitation. Consumérisme versus Partage. Plaisir versus Obligations. Un mois qui conjugue les intensités, exacerbe l’amour autant que l’absence. Etrange chaos de fin d’année. Une course permanente, comme s’il fallait tout clore, tout régler, tout achever, avant de plonger dans l’inconnu d’une nouvelle année. Dans cette effervescence de paquets, de diners, de sentiments contraires, comment ne pas se perdre ? Peut-être faut-il plus que jamais s’écouter. Qu’est-ce qui compte pour nous ? Qu’est-ce que nous trouvons juste ? Ou est notre place ? Soyons capable d’exprimer aux autres ce qui est cohérent pour nous. « Faire plaisir » n’est que la genèse d’un reproche à venir, le lit d’une rancœur future. Car il n’y a pas d’autre diktat que celui d’écouter ce qui résonne à l’intérieur. Décembre est un mois complexe, mais c’est aussi un tremplin pour mettre un terme à notre culpabilité. Que l’on soit amateurs de guirlandes, amoureux du vide, passionnés de dinde, vegan festif, militant de la décroissance, acheteur compulsif, emballeurs habiles, scotchers maladroits, plateau Netflix, collectionneurs de petits-fours, fan de hannouka, associatifs solidaires ou fidèles de la messe de minuit, qu’importe, si cela nous fait du bien. Aimer, c’est se réjouir disait Aristote. Faisons de ce curieux mois celui de l’amour. La seule contrainte que l’on se doit.

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