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  • Marie Robert

Ceci n'est pas une échelle.

Ceci n’est pas une échelle. Il y a une discussion que j’ai toujours détesté avoir : c’est la question des progrès. Cela englobe aussi bien les discussions sur les notes à l’école, que celles sur le développement d’un enfant, ou très différemment, celles sur l’évolution d’une entreprise, et même d’une société. Bien sûr que les progrès existent, et qu’en nous retournant, nous percevons le chemin parcouru : cette somme de gestes maladroits qui peu à peu nous ont conduit à une parfaite maitrise. Il y a quelque chose d’émouvant à l’idée que chaque heure puisse nous mener vers un peu plus de fluidité. Mais j’ai la conviction qu’il se cache derrière l’idée louable du « progrès » une vision performative qui use, malmène, et in fine, contraint à plus d’anxiété que de satisfaction. Car que signifie le progrès ? Le terme latin progressus apparaît dans l’Antiquité mais principalement dans sa dimension spatiale. C’est la perspective d’une marche en avant, comme chez Cicéron, qui lui donne le sens métaphorique d’une amélioration, d’un acheminement. Peu à peu, la notion se transforme, devient plus abstraite encore et finit toujours par évoquer « l’augmentation » ou « la croissance ». On progresse car on augmente ses notes, ses capacités, sa solidité, sa compétence, ses bénéfices. Le souci, c’est qu’à force de se centrer sur l’augmentation, on oublie cette marche initiale. On oublie que le progrès n’est pas linéaire, ni cumulatif, mais qu’il est une exploration. Qu’il faut souvent rebrousser chemin pour avancer, qu’il faut parfois s’arrêter pour retrouver son souffle, reprendre ses appuis, revoir sa méthode. Un 18 à une dissertation est une « bonne » note, mais ce qui est meilleur encore c’est de s’être laissé imprégner par la réflexion et d’être en mesure bien des années après de s’en souvenir. Idem pour un enfant qui franchit des étapes parce qu’il a parfaitement assimilé les précédentes. Ou une entreprise qui affiche une croissance saine plutôt qu’exponentielle. Le progrès n’est rien d’autre qu’une compréhension de nos racines, de nos piliers, de nos fondements. Pas une quête infinie vers l’avant. Je vous souhaite d’avoir les pieds dans le sol. #Bonjour



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