• Marie Robert

Ceci n’est pas un temple maudit.


« Mais moi Marie, je veux devenir aventurier ». Six ans à peine. Le regard de Max brûle de désir, se noie dans l’envie, la projection dissout la réalité. Etre un « aventurier ». Quatre syllabes. Plus qu’un terme, une ambition. Et pour lui, la seule réponse possible à l’ennui. Combien d’entre nous sont comme Max et espèrent souvent que le quotidien puisse se mettre en suspend ? L’aventure est une immersion dans l’instantanée. On s’empare du monde, on oublie les répétitions. Le présent se jette dans l’avenir. La position est enviable, distrayante certes, mais faut-il forcément être un aventurier pour vivre intensément ? Que se cache-t-il derrière ce souhait ? Peut-être est-ce simplement l’envie du mouvement. Il ne s’agit pas de porter un chapeau, de chercher des trésors en plein désert ou de s’extraire de l’habitude, il s’agit de se sentir capable de décisions, de revirements, de courage. Ne pas être condamné à la soumission. Ne pas être englué dans ce qui nous oppresse. Il y a chez le philosophe Jankélévitch une bouleversante distinction. L’aventurier est celui qui fait de l’aventure son métier, tandis que l’aventureux est celui qui en fait sa vie. Au fond, notre existence est déjà une aventure. Non parce que nous découvrons des rivages inconnus mais parce que chaque instant, aussi insignifiant soit-il, est instable. Le futur va venir, il est presque là, mais presque seulement. Pas tout à fait. L’aventure est ce moment à venir. Cet instant qui miroite d’une infinité de possibles et résonne comme une promesse. Je vous souhaite une journée aussi aventureuse que celle de Max.

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