• Marie Robert

Ceci n’est pas un service à rendre.


Ceci n’est pas un service à rendre. Parfois, on est fatigué d’avance, encore plus lorsque la semaine est venue effleurer nos résistances. On a la sensation qu’on ne fait déjà que ça : lutter, commenter, faire remarquer, alerter, éveiller. Alors parfois, on ferme les yeux. Parce qu’on refuse d’entrer dans un énième conflit, parce qu’on veut plaire ou parce qu’on espère juste avoir enfin la paix. On reste en désaccord, mais on rend les armes. On choisit le silence, épuisé à l’idée du bruit, anxieux à la perspective que l’autre puisse nous retirer son amour, sa confiance, son amitié, sa collaboration. Nous avons tous au moins une fois fait preuve de complaisance à l’égard de nos enfants, de nos conjoints, de nos collègues, de nos amis, de la société. Nous sommes restés muets dans des dîners où nous n’entendions pourtant quedes choses abjectes. Nous sommes restés stoïques face à des actes déplorables afin d’éviter le scandale. Nous sommes restés indifférents, confrontés à des situations dont nous savions pourtant qu’elles allaient s’aggraver. La complaisance est une curieuse affaire, c’est une disposition d'esprit qui nous submerge, une indulgence excessive qui nous empêche d’agir. Il ne s’agit pas de se blâmer, ni de faire la morale, ni d’intenter des procès à tous ceux qui ne s'accordent pas à nos valeurs. Mais peut-être qu’il s’agit de comprendre que la complaisance est un fléau pernicieux. Elle retarde la chute, elle endommage les relations, elle n’est bénéfique ni pour nous, ni pour les autres. Elle est le lit des regrets, de ceux qui nous empoisonnent dans les nuits d’insomnie. Pourquoi n'avons-nous rien dit ? Pourquoi avons-nous laissé faire ? Pourquoi avons-nous justifié l’injustifiable ? Y réfléchir ne signifie pas qu’il faille plonger dans la culpabilité. Au contraire, y penser est une manière de choisir nos combats, de s’aligner, de préparer l’avenir. Avec quoi acceptons-nous d’être complaisant ? Et sur quels domaines concentrons-nous notre intransigeance ? Il n’y a pas de fatigue plus grande que de ne pas être en harmonie avec nos convictions. Ayons le courage de nous faire entendre. Je vous souhaite une journée d'action. #Bonjour#Matin#Morning

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