• Marie Robert

Ceci n’est pas un pouvoir.


Ceci n’est pas un pouvoir. « Allez sois sage mon chéri, et passe une bonne journée ». Le père embrasse tendrement son enfant, caresse la tête de son doudou, et referme la porte de l’école. Une scène du quotidien, dont la banalité ne m’empêche pas de percevoir l’immense tendresse qui s’en dégage. Un rituel qui rassure l’enfant, le père et aussi, la Directrice d’école que je suis. Mais à cet instant, quelque chose me trouble plus que d’habitude dans cette injonction à être sage. Soyons honnêtes et clairs, comme de nombreux parents qui me lisent ici, je rêve d’enfants sages, car rien ne fluidifie plus une journée que de petites personnes capables d’une joyeuse obéissance. Plus généralement, « être sage », est une attitude hautement recommandable quel que soit l’âge que l’on affiche au compteur : c’est le socle du vivre ensemble. Pourtant, aussi familier et enviable soit-il, le concept d’obéissance pose de nombreuses questions. A quoi obéit-on ? Ou plutôt à qui ? Et pourquoi ? Par habitude ? Par confiance ? Pour ne pas être puni ? Par conscience de l’ordre ? Par respect du collectif ? Pour faire plaisir ? Par inhibition ? Et nous, sur qui exerçons-nous du pouvoir ? La difficulté est de saisir la fine frontière qu’il existe entre obéissance et soumission. Dans les deux cas, il s’agit de faire face à une autorité et c’est bien ici, tout l’enjeu de la réflexion. Car combien de fois avons-nous rendu acceptable, différents types d’emprises ? Professionnelle, familiale, financière ? Par peur ou par admiration, on se soumet. Comment se fait-il que nous soyons aussi dociles ? Dans son ouvrage phare, Surveiller et punir, Michel Foucault observe les lieux d’obéissance, comme les prisons, les hôpitaux, les écoles, les collèges…etc., et en dévoile les outils tels que la discipline ou la flatterie. Dans notre vie intime, s’interroger sur les outils qui fonctionne sur nous est passionnant, non pour viser une rébellion artificielle, mais plutôt pour comprendre nos mécanismes. La prise de conscience est le début de la liberté et la garantie d’une saine obéissance. Je vous souhaite de faire preuve de sagesse, avec conscience. #Bonjour Credit : Misan Harriman.

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