• Marie Robert

Ceci n’est pas un planning



Lundi matin. Pour certains, le temps scolaire a dicté sa reprise. Pour d’autres, la pause n’a pas même eu lieu. Il faut reprendre le chemin de l’école, celui des impératifs, des listes interminables. On choisit la plus jolie de nos chemises. Les agendas se noircissent de choses à faire, de celles qu’on considère si importantes qu’on les entoure plusieurs fois. Il y a dans l’air ce goût de nouveau départ, de « non mais là je m’y mets vraiment ». La conviction se cheville à nos corps, habille nos dossiers et submerge nos rendez-vous. Notre salut viendra de notre discipline, d’une volonté souveraine qu’on appelle exigence. Et puis… Et puis mardi déjà affiche ses contradictions. On annule, on déplace, on assouplit. Mercredi est insolent, confus, conjugue les impossibles. Jeudi détruit les certitudes, l’agenda ne s’ouvre plus. L’importance change de ton, on honore l’imprévu. Vendredi, on s’y met oui, mais à quoi déjà ? Samedi reprend son souffle et dimanche renonce aux cadences. Symphonie des jours. Ne restera que ce qui compte. Le reste est anecdote, un ensemble de données fluctuantes, un bordel joyeux. En attendant, faisons semblant de croire à ce lundi rigoureux, en y ajoutant, peut-être, un soupçon de tendresse, une touche d’ironie, et un voile d’indulgence.

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