• Marie Robert

Ceci n’est pas un plan.


Ceci n’est pas un plan. Il y a quelques temps, je me suis retrouvée face à un imprévu. Le genre d’imprévu que nous connaissons tous, ceux contrariants mais sans gravité, qui nous laissent frustré et déçu. La tentation est grande de se rouler par terre, de se mettre à pleurer, et de taper des pieds. Pour éviter de me laisser chavirer, j’ai tenté de trouver une parole apaisante, quelque chose de suffisamment convaincant pour que le calme revienne. C’est alors que sont revenus ces mots que l’on prononce souvent : « Les choses s’agencent comme elles doivent s’agencer ». Il y a derrière cette parole l’idée qu’il existe un ordre du monde, un scénario qui parfois nous échappe, et qui pourtant constitue la trame secrète de nos jours. Il est bon de se répéter que le sens n’est pas immédiat, que beaucoup de choses nous dépassent, et que parfois, il faut passer par des récifs arides pour finalement, découvrir une mer d’huile. C’est assez structurant d’imaginer que tout arrive pour une raison. Je dois admettre que j’aime beaucoup cette pensée. Nous avons tous eu des expériences pénibles qui se sont transformées en opportunités. Et des trains loupés qui nous ont permis de faire des rencontres prodigieuses. Et des crises salvatrices. Effectivement, la vie nous apprend, et l’univers est plus ambitieux que notre imagination. Pourtant, même si cette approche enveloppe d’une douceur réconfortante, je crois qu’il faut aussi la mettre en perspective et faire attention à quels évènements on l’applique. Car de temps en temps, il faut accepter que les choses, en particulier les plus difficiles, arrivent « pour rien » et qu’il n’y a rien d’autre à comprendre que de traverser comme on peut. Je pense à tous ceux qui ont perdu des êtres chers, tous ceux qui ont des enfants malades, tous ceux qui ont subi des violences intimes, tous ceux qui ont été abusés, à toutes les victimes de guerre et d’atrocités. Non, il n’y a pas de plan secret. Juste la vie qui parfois nous porte et d’autres fois nous brise. Alors, à défaut de rationalité, il reste l’amour. Celui qui parfois sauve, parfois répare ou console. Celui qui permet de retrouver la lumière. Je vous souhaite une journée de paix. #Bonjour

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