• Marie Robert

Ceci n’est pas un passage obligé.


Ceci n’est pas un passage obligé. D’où viennent nos peurs ? L’autre jour, en lisant un article sur la ménopause, je me suis aperçue que je passais une partie de mon temps à déclencher des peurs par anticipation. Et surtout, à vivre des angoisses qui ne m’appartenaient pas. Il est si facile de s’enrouler dans des gouffres qu’une parole publique met sur notre chemin, et qu’on laisse infuser en nous, sans même nous en apercevoir. C’est ainsi, qu’au cours de mon existence, j’ai collectionné des craintes comme autant d’images Panini sur l’album de mes incertitudes. Peur d’une crise d’adolescence, peur de ne pas trouver d’emploi, peur que des hommes déguisés fragilisent la démocratie, peur d’avoir une méningite foudroyante, peur que mes parents meurent d’un accident de voiture, peur d’avoir des enfants, peur de ne pas en avoir, peur de ne pas dormir la nuit, peur de plaire, peur de ne plus plaire, peur de la retraite, peur d’être à côté de moi-même, peur de divorcer, peur de me marier...etc. Autant de possibles zones de troubles dont la société m’informe à grand renfort de communication, et que j’accepte de considérer, voire même, docilement, de prendre pour miennes. Et cela, pourtant, sans avoir été confrontée à aucune de ces épreuves. Mais au bout du compte, je me demande où ces angoisses nous mènent. Je saisis les vertus de la prévention, je vénère la pédagogie qui nous permet de comprendre ce qui nous arrive, et je chéris l’idée de partager nos expériences pour éviter aux autres de traverser les mêmes précipices, cependant est-ce que ces peurs sont les miennes ? Est-ce que connaître assure que notre vécu sera identique ? Est-ce que craindre nous préserve de quoi que ce soit ? Quelles sont nos peurs à nous, celles qui surgissent lorsque nous avons l’esprit vierge de toutes images et de tout parcours imposé ? Sont-elles semblables ? Peut-être devons-nous y faire face, sans nous réfugier derrière un discours que nous sommes libres de ne pas écouter. Il nous reste alors à coller nos vignettes Panini, dans un album, sans case, sans série, sans collection. Je vous souhaite une journée de vertiges qui ne ressemblent qu’à vous. #Bonjour#Matin#Morning#Peur

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