• Marie Robert

Ceci n’est pas un lundi.


Rentrée scolaire. L’étymologie elle-même nous trouble, il s’agirait de revenir à l’endroit que l’on avait quitté. Une forme de résignation convenue qui nous rappelle que la fête est finie, et que cette année, plus que jamais, il est interdit de se réjouir. Il faut « rentrer » dit-on. Revenir au port. Décliner le champ lexical des cols roulés. On reprend le chemin de l’école. On se couche tôt. On ouvre ses cahiers. On souligne la date en rouge, soigneusement, comme si ce nouveau départ allait alléger la peine, allait nous faire oublier la langueur des couchers de soleil. Pas d’autre choix que d’y aller. Parler aux copains de classe ou à ceux du bureau. S’inscrire aux nouvelles activités sportives avant de s’en lasser. Regarder les feuilles jaunir puis tomber. Mais tout cela n’est-il pas un calme illusoire ? Un ordre factice ? Car derrière ce décor trop sage se dissimule une scène qui ne demande qu’à être remplie d’intrigues, de fureurs, de tourments, de joies. Combien de relations seront nouées dans les cours d’école et devant les machines à café ? Combien de drame silencieux et d’excitation bavarde ? Combien d’annonces à encaisser ou de surprises à savourer ? La date vacille. Les cahiers neufs deviennent brouillons. La plage n’est plus, mais notre tumulte est le même, quelque soit le cycle. On rentre certes, mais on vit surtout. Haut les cœurs, ceci n’est pas une rentrée, c’est un nouveau départ. Je vous souhaite une bonne journée.

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