• Marie Robert

Ceci n’est pas un hurlement.


Ceci n’est pas un hurlement. Hier, j’ai lu une série de stories très pertinentes sur le profil de @metzgereric75 . Il se demandait pourquoi nous avions besoin « d’hurler » pour exister. Son hypothèse était que la mondialisation avait fait de nous des individus interchangeables. Pour pallier ce gouffre de l’uniformité et pour nous assurer de notre identité propre, nous ressentons le besoin d’hurler, pour prouver que nous existons. Dans cette perspective, les réseaux sociaux sont d’habiles caisses de résonnances, on y fait des selfies, on y dévoile des paysages et on appose ses opinions. Nous devenons directeurs artistiques de nos existences et cela nous permet de réaffirmer notre singularité et surtout, d’être regardé. La difficulté est que les « hurlements » sont si nombreux, qu’à force, on se retrouve à nouveau happés par la masse, noyés dans le flux d’images, de cris, de contenus. L’effet est contraire à celui recherché. Alors on tente d’hurler plus fort, d’être dans une surenchère de partages, d’agressivité, de visibilité. Ce n’est pas un jugement, mais l’observation d’un fonctionnement. En lisant ses stories, je me suis demandée si nous ne pouvions pas trouver un autre moyen d’assurer notre singularité et donc notre existence. Et c’est à ce moment-là que j’ai pensé que ce que nous avions de plus singulier, ce n’était pas nos vêtements, nos opinions ou nos traits, mais bien nos émotions. Elles sont relativement universelles certes, mais la manière dont elles apparaissent à notre conscience sont toujours de l’ordre d’un intime qui ne peut pas se réduire à celui de l’autre. C’est un langage qu’on ne peut communiquer qu’à nous-mêmes et qu’on ne peut partager que de manière incomplète et indirecte. Nos émotions et nos sensations sont innombrables et la splendeur de notre réalité tient à cet étrange tissu kaléidoscopique. Les émotions sont notre boussole, elles nous animent, ce sont elles qui rendent si vive notre sensation et notre conscience d’exister. Alors plutôt que de hurler, peut-être pouvons-nous simplement nous émouvoir. Je vous souhaite une journée de secousses. #Bonjour


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