• Marie Robert

Ceci n’est pas un filtre.


C’est prodigieux ce que l’on fait pour plaire tout au long de notre vie. Plaire à ses parents, plaire à ses amis, à ses professeurs, à ses amours, à ses collègues, à des inconnus, et peut-être, à soi. On déploie une énergie insensée, on rentre le ventre, on remonte les manches, on cherche, on tâtonne, on se dépasse, on joue la comédie, rien n’est trop absurde pour satisfaire ce qu’on croit être l’ultime quête. La bonne note, l’approbation, le compliment, la reconnaissance…autant de sucres qui nous enrobent d’un peu d’apaisement. Mais une fois la récompense obtenue, il y a cette peur panique, cette crainte viscérale de la perdre, et de constater que le regard de l’autre se disperse à mesure qu’on le lasse ou qu’on le déçoit. Quel singulier châtiment que celui de « passer de mode ». De ne plus être premier sur le carnet de bal. Et pourtant, c’est peut-être à l’instant même où l’on accepte que tout passe, qu’au bout du compte tout revient. Car c’est à cet instant précis, dans le silence de nos transformations, qu’on se met à explorer nos véritables ressources. Les tréfonds de notre âme. Le terreau de notre puissance. De quoi sommes-nous capables ? Ou se situent nos forces ? Que savons-nous faire ? Quels sont nos réels goûts ? Sur quels principes s’ancrent nos convictions ? Ce n’est pas une question de développement personnel, c’est la perspective d’enraciner ses pieds, d’aller chercher du côté de sa chair, de ses os, de ses secousses. Là où l’anecdote ne parvient pas à se faufiler. Ce qu’on y trouve est peut-être aride, mais c’est aussi là que se dissimule ce que nous avons de plus beau. On quitte le cycle absurde d’une séduction acharnée, pour enfin, faire de nos liens, des espaces dépourvus d’inquiétude où ne compte que la compétence, la justesse et l’amour. Je vous souhaite l’audace de vous présenter tel quel et d’y trouver le véritable apaisement.

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