• Marie Robert

Ceci n’est pas un film



C’est une espérance. Nous sommes en 1989, le réalisateur Rob Reiner dévoile l’histoire d’Harry et Sally. Ils viennent de terminer leurs études, chacun de leur côté. Harry profite de la voiture de Sally pour retourner sur la côte est. Il tente de la séduire mais son charme la laisse indifférente. Un échec, point de départ de leurs méandres qui deviendront cultes. Il faudra des années, et le luxe des hasards qui ne sont que des rendez-vous, pour qu’ils se retrouvent et finissent par s’aimer. En un dîner chez Katzs, Meg Ryan et Billy Crystal s’inscrivent à tout jamais dans le Panthéon de l’imaginaire collectif. Presque toutes les comédies romantiques contiennent une référence à leurs aventures. Et si de nos jours, le film peut être considéré comme une somme de clichés, c’est bien parce qu’il a transformé les codes d’un genre et inventé ce qui, par la suite, tissera la trame de tant de séries : « la relation de transition ». De Ross et Rachel, à Ted Mosby à Robin Scherbatsky, la relation de transition se construit sur une espérance, celle d’un avenir commun. Le spectateur frémit en regardant les personnages s’aimer, puis se séparer, et recommencer indéfiniment ce curieux tourbillon de vie. Pour qu’enfin le miracle se produire et que l’amour se stabilise, il faut que les amants acceptent de se transformer, de s’apprivoiser, et peut-être de s’éduquer l’un l’autre. Les tentatives réaffirment le désir. Il ne s’agit pas de recommencer à zéro, mais à chaque retrouvaille de redonner un sens à l’union, de s’ajuster, de reprendre le fil. Finalement, Harry, Sally et leurs descendants sont bien plus qu’un cliché mémorable, ils proposent une réflexion sur l’amour qui se construit au rythme de nos errances, au rythme de la vie.

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