• Marie Robert

Ceci n’est pas un enfermement.


Ceci n’est pas un enfermement. « Qu’est-ce qu’une relation saine ? ». Elle me regarde comme si une réponse pertinente allait surgir de ma bouche, comme si j’allais la soumettre à un quizz, certifiant que sa relation était sur la bonne voie. Mes lèvres restent muettes mais mon esprit s’agite. Est sain ce qui est en « bonne santé », en somme, ce qui ne présente aucun signe de maladie. Si l’on suit cette logique, une relation saine est une relation qui n’abîme pas et qui ne met pas à terre. Et c’est peut-être ici que réside toute la difficulté de nos liens. Comment trouver le juste équilibre entre les méandres du cœur et l’indispensable protection ? Comment saisir la différence entre les accrocs, communs à tout échange humain, et les rivages de la souffrance ? Est-ce qu’une relation saine est une relation lisse ? Sans dispute ? Sans larmes ? Sans incompréhension ? Sans déception ? Sans impatience ? Sans peur ? Sans ras-le-bol après douze mois de quasi confinement ? Le sain est-il normatif et objectif ? Mes questions bousculent mes réponses, elles les entrainent dans les confins du doute. Je crois que la nuance s’apprend, et que chaque relation nous délivre un message, une information qu’il faut décrypter, analyser, travailler. Qu’est-ce qui nous a fait nous sentir bien ? Qu’est-ce qui nous a oppressé ? Et pourquoi ? Au fond, une relation saine n’est pas une relation parfaite, mais celle dans laquelle on se sent « reconnu » et non méprisé, celle où les questionnements ont leur place. La « reconnaissance » est plus qu’un concept, c’est une clé pour les rapports humains. Le philosophe Alex Honneth formule l’idée que le premier mode de reconnaissance mutuelle est la relation d’amour, par laquelle on parvient à la confiance en soi, c’est-à-dire à une certaine sécurité émotionnelle. Nos besoins se voient alors « reconnus », c’est-à-dire qu’ils peuvent être exprimés sans crainte. La relation saine n’est ni facile, ni lisse, ni uniforme, mais elle ne nous dissout pas, elle laisse de la place à toutes nos modalités. Etre reconnu et reconnaître, plutôt que redouter et effacer. Je vous souhaite de ne jamais vous laisser abîmer. #Bonjour

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