• Marie Robert

Ceci n’est pas un concept.




Ceci n’est pas un concept. Parfois, j’ai envie de me mettre des claques. Pas tellement parce que je suis atteinte d’un soudain élan de violence mon égard, mais plutôt parce que je m’entends dire des banalités. Le genre de phrase toute faite qu’on sort sur un plateau parce qu’on ne sait pas quoi dire d’autre, les formules prononcées à la volée sans en mesurer le sens. « Allez c’est pas grave, ça va passer », « Prends du temps pour toi », « Lâche un peu, ça fait du bien », « Recentre toi ça va aller », « Il suffit de se lancer », aucune intention néfaste certes, mais qui est-on pour prononcer cela ? Que sait-on du vécu d’autrui, de son quotidien, de ses ressources ? C’est une des questions que je me pose le plus souvent : que faire face à la souffrance de l’autre ? Face à une détresse dont on ne connaît jamais complètement la teneur ? Et dont l’origine nous échappe ? Face à une situation qui submerge, qu’elle soit émotionnelle ou matérielle ? La vérité, je crois c’est qu’il n’y a rien à dire, rien à faire, si ce n’est agir. Comme on peut. Sans prétendre à quoique ce soit. Il ne s’agit pas de se placer en messie, encore moins de viser un quelconque héroïsme. Il s’agit simplement d’aider autrui à négocier un virage. L’évidence d’un geste, d’un coup de main, d’une présence efficace. Des actes plus que des paroles. Ne pas se perdre dans des idéologies qui nous dépassent, mais choisir des micros actions qui nous fondent. Développer une forme de banalité de l’aide, car c’est cette quotidienneté qui la rend précieuse. Le trois fois rien qui est un presque tout. Une poussette que l’on porte à deux dans un escalier, un repas partagé, un soutien pour écrire un courrier administratif compliqué, une recommandation, un accueil, une porte qui s’ouvre, un regard de confiance...etc. Les formes d’aide sont aussi multiples que triviales. Aucune n’est insuffisante. Elles ne nous demandent pas de nous sacrifier, elles ne répondent pas à la morale, mais elles nous ancrent dans le monde. Autrui, c’est nous. Encore plus quand nos mains se relient. Je vous souhaite une journée d’entraide. #Bonjour@vickydaze

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