• Marie Robert

Ceci n’est pas un châtiment.


Ceci n’est pas un châtiment. Il y a quelques années, j’assistais à un cours de yoga. Comme souvent au début des séances, l’instructrice a demandé, si certains des participants ressentaient une quelconque problématique physique, importante à mentionner. Un homme d’environ mon âge, a levé la main, afin de décrire une douleur « bloquant » son genou. Mais le plus singulier dans cette histoire fut sans doute la suite de la conversation. Car à la question d’après, à savoir : « depuis combien de temps souffrez-vous ? », il répondit laconiquement, sans posture, avec une résignation discrète, et parfaitement normale : « A peu près quinze ans ». Cette scène est venue me cueillir au plus profond de mes constructions mentales. Comment fait-on pour normaliser pendant près de quinze années une douleur, ici en l’occurrence, parfaitement atténuable ? Et surtout, comment faisons-nous tous, à différentes échelles et selon divers récits, pour nous habituer, si aisément, à la souffrance ? Pourquoi trouvons-nous cela tout à fait évident de souffrir en amour, de souffrir au travail, de souffrir en famille, de souffrir du dos en voiture, de souffrir à l’accouchement, de souffrir à l’école, de souffrir avec l’âge, etc. ? Entendons-nous bien, je n’enjolive pas nos existences, bien au contraire. Je mesure dans ma chair, le poids des drames, des accidents, des pertes, des maladies, et des déchirements. Je dois même avouer que je passe une partie de mon temps à considérer cet insensé que la vie nous oblige parfois à affronter. Mais au-delà de ces cas de figures, pourquoi acceptons-nous autant de peine ? Est-ce une fatalité culturelle ? Un schéma éducatif ? Est-ce l’idée qu’il faut mériter sa place au soleil, au paradis, en terrasse ? Je ne dispose pas de réponse à ces interrogations, mais elles ne cessent de m’interpeler. J’aime profondément l’effort et la discipline, je suis une fervente partisane du cadre et de la rigueur, mais en revanche, je n’ai aucune fascination pour la douleur, qui ne nous rend ni meilleur, ni plus fort. Alors peut-être est-il temps de se demander : comment améliorer les choses ? Je vous souhaite des genoux en bonne santé. #Bonjour Credit : @chriistyturlington

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