• Marie Robert

Ceci n’est pas un carcan.


« C’est mon devoir de le faire ». Une phrase anodine, banale, prononcée dans tant de circonstances. Un déjeuner familial. Une présence nécessaire. Un dossier à traiter. Une déclaration à faire. On soupire, le cœur se serre, mais l’esprit reste fidèle à la directive fixé. Le devoir est différent de l’obligation qui, elle, vient de l’extérieur. Il est aussi distinct de l’ordre car la force lui est étrangère. En réalité, le devoir est plutôt une création intime. Un « quelque chose » que nous nous imposons. Oui mais voilà, à peine posé et déjà le mécanisme nous trouble. Qu’est-ce qui fonde ces devoirs ? Envers qui en avons-nous ? Nos parents ? Nos employeurs ? Nos collègues ? Nos amis ? L’humanité ? La nature ? Nous-mêmes ? Répondre à ces interrogations suppose d’élaborer une morale, de construire une éthique. Par exemple, dans un de ces ouvrages, le philosophe Ruwen Ogien revendique l’idée d’une éthique minimale. Le principe est simple. Les seules règles légitimes portent sur les actions susceptibles de causer du tort à autrui. Il ne s’agit donc pas de penser le devoir à partir d’un idéal de bonté ou de justice, mais en fonction des effets que nos actions produisent sur les autres. L’urgence, ici, est de ne surtout pas nuire. Vertigineuse mission. Car comment savoir ? Comment être certain de ne pas blesser, de ne pas fragiliser, de ne pas abîmer ? Finalement, peut-être est-il encore une fois question de se sentir aligné. Puisque le devoir est une exigence que nous nous imposons, il se rapporte toujours à la personne que nous voulons être. L’enjeu est donc de ne pas porter atteinte ni à autrui, ni à…soi. Parvenir à s’ancrer dans ce qui nous anime. Honorer ce que nous devons à nous-même. La question se précise, à travers quels gestes et quelles actions nous sentons-nous à notre juste place ? Je vous souhaite une journée de devoirs à votre image.

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