• Marie Robert

Ceci n'est pas un caprice.


Ceci n’est pas un caprice. Le jeudi est un jour étrange, la semaine entame déjà sa descente, mais il y a encore tant à faire. Ni promesse de nouveau départ, ni ivresse du soulagement, le jeudi exige que nous soyons encore capables de fournir et de produire. Les heures flirtent avec notre fatigue et notre agacement. Mais c’est ici précisément qu’il se joue dans ce moment charnière quelque chose de passionnant, car pour tenir bon, nous devons nous concentrer sur nos besoins. Qu’est-ce qui assure notre maintien et nous permet de ne pas nous effondrer ? C’est amusant d’observer que la plupart de nos tensions viennent du fait que nos besoins ne sont pas assez respectés par les autres. Les situations de ce type sont infinies. C’est l’ado qui demande où est son pull alors qu’on tente désespérément de se concentrer. C’est la belle-famille qui insiste afin que l’on reprenne du gâteau tandis qu’on cherche à éviter le sucre. C’est l’ami nous forçant à sortir, même si on tombe de fatigue. C’est l’amoureux qui n’exprime pas assez son enthousiasme. Aussi clichés soient-ils, ces cas de figure jalonnent bien souvent notre quotidien. Nous épuisons nos ressources en faisant face à des difficultés plus grandes que nous. Nous fatiguons nos cœurs à grand renfort d’efforts continus. Nous nous remplissons d’amertume car le film n’est pas celui que nous aurions voulu voir. Mais aussi légitimes soient nos émotions, il y a une question qu’on ne se posera sans doute jamais assez, une question bien plus fondamentale qu’elle n’y paraît : avons-nous exprimé nos besoins ? Sommes-nous d’ailleurs capables de les identifier ? Philosophiquement, un besoin n’est pas un caprice. C’est un manque de ce qui est nécessaire à notre nature pour qu'elle puisse « fonctionner », pour qu'elle puisse continuer à exister et à accomplir ce qu'elle accomplit. A la différence de l’envie qui est changeante et superflue, le besoin est de l’ordre de la nécessité, il est ancré dans notre nature. Le mettre en péril revient à entamer peu à peu nos fondations. Le jeudi nous murmure de consacrer quelques minutes à nos piliers. Je vous souhaite d’exprimer haut et fort ce qui vous fait du bien. #Bonjour

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