• Marie Robert

Ceci n’est pas si déplaisant.


Déjà ce lundi d’août. Ce lundi que nous n’avions pas vu arriver dans une année indifférente à la chronologie. Déjà ce lundi d’août, et ce qu’il signifie de contraintes, d’obéissances, de petites nostalgies. Les pas sont lourds, le corps ne peut plus se jeter dans la mer, la rentrée étend son territoire. Il faut revenir au règne de la performance. Raconter ce qui nous semble loin. Prévoir un nouveau cycle, en s’accrochant à l’idée que les échéances ne seront pas soumises au ravage de l’incertitude. C’est la saveur amère de la mélancolie. Une folie sans fièvre. Une douleur sans rage. « Le mélancolique fait l’expérience d’un manque amnésique, d’un besoin qui ne sait plus ce qui le comblerait. La mélancolie constate que les choses passent » dit Raphaël Enthoven. Le corps habite l’âme, nous engage dans cet instant de vie où un affleurement de paupière, un glissement de regard, un ébruitement d'un tissu, un geste minuscule - provoquent la fin du monde dans nos cœurs. Mais est-ce si grave ? N’est-ce pas justement lorsque l'invisible devient visible, quand la sensibilité s’exacerbe, qu’alors tout s'éveille vraiment ? La mélancolie nous rend attentif à ce qui ne peut pas se voir. Notre présence au monde devient poésie. Une quête absurde, aussi éternelle qu’un soir d’été. Je vous souhaite un lundi de précieuse mélancolie.

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