• Marie Robert

Ceci n’est pas que le bouquet de la mariée



C’est aussi une parabole. Vendredi, après la cérémonie célébrant l’amour et le bassin d’Arcachon, toutes les femmes invitées se sont retrouvées derrière la jeune épouse pour participer au fameux « lancement de bouquet ». La coutume veut que celle qui attrape les fleurs soit la prochaine à se marier. J’aime les symboles et les traditions, mais je préfère de loin être observatrice. Me mettre en retrait pour saisir la mécanique de l’autre, appliquer un regard étonné sur nos pratiques plutôt qu’être dans la danse. Bref, je suis donc à l’écart pour assister à ce passage de flambeau. La mariée se met de dos et effectue un joli jeté. Les filles de l’assistance sont tendues et désireuses d’attraper le sésame. L’une se précipite dans les airs comme une joueuse de volley-ball. Une autre pousse sa voisine. Tout d’un coup les quelques pétales en l’air deviennent l’objet d’un combat avec l’espérance. On a les superstitions qu’on peut. Celles qui nous permettent de supporter l’aléatoire. Le bouquet rebondit une fois, deux fois, trois fois. L’assistance est médusée. Je suis captivée par la mise en scène. Quand soudain, il finit par me tomber sur la tête, puis juste au cœur de mes mains, me laissant là, livide de gêne sous les jalousies, les déceptions et les félicitations. La question pour moi n’est absolument pas celle du mariage. Cette anecdote m’évoque une autre perspective. On a beau travaillé, espérer, sauter très haut, élaborer des stratégies, maîtriser ses gestes et ses actes, il y a toujours une part d’imprévu et les choses arrivent souvent à ceux qui ne les attendent pas. Être vierge de projections est peut-être la meilleure manière d’accueillir les événements. On ne sait jamais vraiment ce qu’il se passe, c’est parfois douloureux, mais de temps à autre, on peut accueillir ce que la vie nous propose comme une brassée de fleurs.

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