• Marie Robert

Ceci n’est pas qu’une habitude.


Ceci n’est pas qu’une habitude. Se lever, se préparer, exercer les gestes quotidiens, retrouver le chemin du travail, du lycée, de sa journée. Être en mouvement. Ne pas céder à cette furieuse envie de ne rien faire, de se lover dans son lit, de refuser les horaires imposés ou les dictats insensés. J’entends si souvent « quand on veut, on peut ». Comme si tout était question d’hyperactivité de la volonté, comme si celui qui n’y parvenait pas devait être relégué au rang de bête sauvage par une société qui consomme le désir comme le temps. Mais est-ce si simple ? Pourquoi on se lève ? Que nous apporte ce vêtement que l’on glisse sur notre peau en se préparant ? Ou nous conduit ce chemin ? Le sens n’est pas que métaphysique. Ce n’est pas une « révélation » qui tombe un jour sur notre tête. Le sens est parfois trivial, cocasse, absurde, anecdotique, mais quoiqu’il en soit, s’interroger permet de donner une ossature à la volonté et d’en faire autre chose que de l’habitude passive. Car parfois, pour vouloir, il faut aussi ne plus vouloir, refuser, envoyer promener, remettre en perspective, et réactiver sa volonté au bon moment, celui qui nous semblera juste. Et en attendant de savoir où se loge le sens de ma volonté, je relis sans cesse ces quelques mots : « La terre est indifférente, le ciel immense et indéchiffrable. Ainsi la mer, les plantes, les migrations des oiseaux. La pierre ne dit jamais rien. La mort est la plus forte, et présente en toute chose. La cruauté se dissimule en chacun de nous. Chacun de nous est un peu l’assassin, sinon d’autrui, du moins de son âme à lui. L’amour me demeure incompréhensible. Je n’aurai sans doute plus le loisir d’en savoir long. Quant à la souffrance, elle est un fait accompli. Malgré tout cela, je crois qu’il est en notre pouvoir d’accomplir deux ou trois choses en ce monde. Deux ou trois choses jolies. Nous le pouvons, donc nous le devons. Pour tout le reste, qui vivra verra ! Plutôt que continuer à écrire, je vais ce soir jouer de la flûte. Cela aussi doit avoir un sens. Lequel ? Je l’ignore. » - Amos Oz, Un juste repos. Je vous souhaite une journée où le sens enlace la volonté. #Bonjour Credit : My Own Wild.

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