• Marie Robert

Ceci n’est pas qu’une habitude



Se lever, se préparer, exercer les gestes quotidien, retrouver le chemin du travail, du lycée, de sa journée. Être en mouvement. Ne pas céder à cette furieuse envie de ne rien faire, de se lover dans son lit, de refuser les horaires imposés ou les dictats insensés. J’entends si souvent « quand on veut, on peut ». Comme si tout était question d’hyperactivité de la volonté, comme si celui qui n’y parvenait pas devait être relégué au rang de bête sauvage par une société qui consomme le désir comme le temps. Mais est-ce si simple ? Qu’est que la volonté, ou son manque, disent de nous ? Bien sûr, la volonté suppose avant tout la mise en place d’un effort qui s’amenuise au fil de l’habitude. Le rythme inédit de la rentrée devient un ancrage du corps et de l’esprit. Mais pour vouloir, il faut aussi vouloir « mieux », c’est-à-dire comprendre la finalité de nos actions. Pourquoi on se lève ? Que nous apporte ce vêtement que l’on glisse sur notre peau en se préparant ? Ou nous conduit ce chemin ? Le sens n’est pas que métaphysique. Ce n’est pas une « révélation » qui tombe un jour sur notre tête. Le sens est parfois trivial, cocasse, absurde, anecdotique, mais s’interroger permet de donner une ossature à la volonté. D’en faire autre chose que de l’habitude ou de la discipline. Et puis parfois, pour vouloir, il faut aussi ne plus vouloir, refuser, envoyer promener, remettre en perspective, et réactiver sa volonté au bon moment. Celui qui nous semblera juste et à qui on donnera du corps. Alors oui, quand on veut « mieux », on peut. C’est dans ce « mieux » que se loge toute notre essence, et toute notre différence.

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