• Marie Robert

Ceci n'est pas qu'une forêt obscure.

Ceci n’est pas qu’une forêt obscure. « J’ai peur ». Deux mots pour dire la plus primordiale, la plus fondamentale des émotions humaines. Le danger qui se niche au cœur des ténèbres. Dans la grotte de nos ancêtres ou sous le lit des enfants. La peur semble familière, pourtant, c’est un mot valise pour désigner tous nos risques. Métaphysique, vitale ou triviale, la peur peut s’infiltrer dans tous les interstices de notre existence, elle peut surgir dans des circonstances inattendues ou devenir incontournable. Chez les Pintupi, qui vivent dans les déserts d’Australie-Occidentale, il y a quinze sortes de peurs différentes, et quinze mots pour les dire, comme si un seul terme ne pouvait en aucun cas satisfaire les nuances nécessaires. Souvent, je me demande si notre vie ne pourrait pas être racontée à l’aune de nos peurs, celles que nous avons traversé, et celles qui nous collent à la peau. Nos peurs de séparations, nos peurs de l’échec, nos peurs du placard dans le couloir du fond, nos peurs de la prof de maths, nos peurs du ridicule. Nos peurs de ne pas trouver l’amour, celles de pas trouver d’emploi. Nos peurs de l’ennui, celles de vivre avec les autres mais aussi sans les autres. Nos peurs de la guerre, celles de voir tout s’éteindre, nos peurs de la maladie, et puis, celles de perdre nos clés ou celles de rencontrer des gens louches dans le métro. La liste est infinie. Mais le plus troublant peut-être est de chercher à saisir ce qu’on en fait, où est-ce qu’on les met ? Est-ce qu’elles nous limitent, nous paralysent et nous figent ? Ou est-ce qu’au contraire, elles nous rendent prévoyants, attentifs et vigilants ? D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai eu peur de la perte, j’ai toujours eu la certitude qu’un possible gouffre allait aspirer tous ceux que j’aimais. Parfois, c’est véritablement invivable. Parfois, cela confère une puissance d’amour inouïe. Dans le 1er épisode de la saison 5 de mon podcast « Philosophy is Sexy », j’avais envie d’explorer ces ambivalences, nos craintes biographiques, scientifiques, anthropologiques. Je vous souhaite de ne pas redouter vos peurs mais de les entendre pour retrouver votre liberté. #Bonjour#BonneEcoute (Lien en bio).


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