• Marie Robert

Ceci n’est pas qu’un verre



C’est ce que vous aurez besoin d’en faire. Un aquarium ? Un espoir ? Une ode à la vie ? Une piscine pour fourmi ? Qu’importe, mais ce qui se joue ici est notre « vicariance ». Le terme n’est pas joli, mais la notion est fascinante. Elle désigne, en neurosciences, les chemins de traverse que prend notre cerveau face aux choses et aux situations auxquels il est confronté.C’est un processus qui engage toute notre créativité et qui permet de détourner un usage pour en inventer un autre. Traditionnellement, le vicaire est celui qui remplace. Or, tout dans la vie est question de vicariance. Si nous sommes soudainement plongés dans l’obscurité, nous nous repérerons par le toucher, l’odeur, ou l’ouïe. Idem pour une recette dont nous n’avons pas les ingrédients ou un outil dont nous travestirons la fonction première. Qui n’a jamais desserré une vis avec un couteau ou ouvert une boîte avec un tournevis ? La liste des exemples est infinie, mais il s’agit à chaque fois de substituer pour faire face, pour ne pas rester coincé. Loin d’être anecdotique, la vicariance est poétique, mais aussi politique, elle réhabilite nos capacités à inventer des mondes. À déjouer une norme établie pour s’approprier ce qui nous entoure en fonction de nos besoins. Réinventer pour mieux agir. Et peut être ainsi réenchanter. Que ce verre soit à la hauteur de votre vicariance.

0 vue0 commentaire

©2020 par Philosophy is sexy.