• Marie Robert

Ceci n’est pas qu’un slogan.


Il y a ces mots de Nietzsche, tant de fois répétés, parfois même détournés : « Deviens ce que tu es ». Quelques mots pour fonder une révolution philosophique. Un aphorisme fulgurant qui s’immisce dans la chair. Devenir et être. Le futur et le présent. Deux temporalités contraires qui soudain se rejoignent et tissent un dialogue commun. La parole nous semble familière,facile, mais au fond, que nous murmure-t-elle ? En empruntant la tournure au poète grec Pindare, Nietzsche réconcilie l’essence et l’existence. Ce qui est et ce qui devient. « L’être » n’est pas cette unité, ce socle fixe et stable, donné à la naissance, mais bien un devenir permanent, c’est-à-dire un mouvement, une trace, sans cesse en train de se dessiner. Ces fluctuations sont un moteur qui rend possible le surgissement de notre personnalité. Mais alors, comment devenir ce que nous sommes ? Peut-être en assumant notre « je », en affrontant ce qu’il y a à vivre, à désirer, à créer, en affirmant nos valeurs, en plongeant dans nos colères, nos joies, nos désirs, nos peurs. Nietzsche nous engage à ancrer notre nécessité en laissant place à nos instincts. Cela suppose de s’écouter, de regarder avec lucidité où va le fil de notre destinée, et aussi d’accepter que nous ne sommes pas encore. En découvrant qui je suis, je peux alors vouloir l’être, et c’est là que réside ma liberté, non pas en se demandant : « qui suis-je ? » mais plutôt en expérimentant mon devenir en tant qu’individu. Quittons les slogans pour mieux les vivre. Je vous souhaite un lundi d’intensité.

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