• Marie Robert

Ceci n’est pas qu’un hasard.


A une table de café. Au cinéma. A l’intérieur d’un wagon. Ou même dans la rue. Un regard, quelques mots, des phrases qui nous survolent. Au mieux un frisson ou un éclat de joie. Finalement, pas grand-chose. Et pourtant, voilà, même dans cette insignifiance, tout est là, ou plutôt, tout est déjà là. Les acteurs sont en place. C’est le point de départ. L’impact. La rencontre. Celle qui change notre monde. Celle qui fera de l’autre, notre amour, notre ami, notre âme liée, notre inséparable. Mais à cet instant, on n’en sait rien, on est ignorant de nos narrations, vierges de nos complicités, étrangers à nos tendresses, à nos disputes, à nos arrangements. Car ce n’est qu’après coup que l’histoire se dévoile, que le fil se déroule, et que l’on murmure nos « il était une fois ». Alors, que faire ? Suffit-il d’attendre ou d’espérer ? Je ne crois pas. Car qu’il s’agisse des sphères amoureuses, amicales ou professionnelles, il y a sans doute « une posture de la rencontre », la certitude que vivre est une manière de faire face à ce qui vient, de s’ouvrir à tout ce qui nous arrive. L’enjeu n’est pas de forcer la rencontre, ni de la feindre, mais bien de savoir la reconnaitre et d’être apte à l’accueillir. Que se passerait-il si le monde n’était pas un espace de méfiance, mais une somme de possibles ? Si autrui était une hypothèse à oser ? Peut-être que ce matin, nous n’avons rien d’autre à faire qu’à lever la tête. Quels sont les visages que nous allons croiser et qui vont nous marquer ? Quelles sont les promesses et les aventures que nous allons vivre avec ceux qui nous sont encore inconnus ? Je vous souhaite une journée, les yeux grands ouverts.

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