• Marie Robert

Ceci n’est pas qu’un bain



C’est une pratique ancestrale. La vertu purificatrice du bain est attestée, du profane au sacré, par des usages que l’on retrouve chez tous les peuples, quelque soit les époques. Le bain est universellement le premier des rites marquant les grandes étapes de la vie. A la naissance, il tisse un fil conducteur avec le monde intra-utérin. Il répond à un besoin de détente, de sécurité, de tendresse, de retour à une source originelle. A l’âge adulte, le bain de mer ou la douche, l’immersion volontaire dans l’eau offre un moment d’oubli, de renoncement à l’action, de vacuité. Ne rien faire. Laisser l’eau couler sur sa peau. Nous laver. Un rite d’entrée dans la vie, mais aussi dans notre journée. Quelques minutes de sensualité, quelques minutes prises sur l’effervescence du jour pour se renouveler. En Afrique Centrale, une société secrète de magiciennes proposait une immersion de vingt-quatre dans une cavité aménagée sous le lit d’un ruisseau. L’enjeu était de se soustraire au monde des hommes pour rejoindre l’eau-mère. Construire son centre, puiser sa puissance dans la fluidité. En grec, le même mot désigne le propre et la pureté. Pas celle de la morale, mais celle d’une existence prête à se renouveler. Lavons nous et accueillons la beauté.

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