• Marie Robert

Ceci n’est pas qu’un babillage.


Ceci n’est pas qu’un babillage. Combien de mots utilisons-nous chaque jour ? Combien de phrases aligne-t-on sans même nous en apercevoir ? Il ne s’agit pas seulement des douces trivialités du quotidien, mais aussi de ces récits que l’on répète, et dont on charge les autres. Ces reproches pernicieux, ces prophéties toutes faites, ces clichés qui oublient de s’actualiser, ce passé que l’on ressasse, ces termes qui ne trouvent pas de cohérence avec nos actes. Combien de fois trahissons-nous notre pensée ? Combien de fois passons-nous sous silence ce qui crie dans notre tête ? Combien de fois notre parole nous fait défaut ? Peut-être qu’au fond, il n’y a pas que les mots. Le langage est moins unitaire qu’on l’imagine. Il est partout. Il est regard, toucher, son, image, geste, attitude. Nous parlons aussi à travers notre chair, à travers nos mains, à travers nos pratiques, à travers nos souffles. L’action qui suit une pensée n’en est pas la conséquence, elle est elle-même pensée. Une pensée simplement transformée en mouvement. Car en réalité, nous ne faisons que traduire, par tous les biais possibles, ce qui nous habite et ce qui refuse de se taire. Alors si les mots se bloquent, se défilent, se dissolvent sous le joug de nos empêchements et de nos répétitions, observons ces autres langues qui tentent de se frayer un chemin. Apprenons celles des autres. Ce n’est pas qu’une technique, une méthode, une attention portée au langage du corps, c’est l’expression du vivant. En y prêtant la plus délicate attention, peu à peu, nous parviendrons sans doute à dépasser les écueils et les négligences de nos mots. Mais il reste la plus épineuse des questions : savoir ce que l’on veut dire. Je vous souhaite une journée bavarde. #Bonjour

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