• Marie Robert

Ceci n’est pas poussiéreux.


Ceci n’est pas poussiéreux. L’autre jour, je lisais les actualités sur mon téléphone, dans un mélange de terreur, de désespoir et de découragement. Je me suis demandée ce que dessinait notre drôle de siècle, ce qu’on était en train de vivre, ce à quoi on assistait, et ce qu’on en dirait dans 50 ans, au-delà de nos passions partisanes et de nos déchirements immédiats. Alors un instant, j’ai fermé les yeux, et j’ai repensé à ce qu’avait vécu ceux qui nous précédent. Aux espérances et aux ténèbres qu’avaient porté le XXe. J’ai fondu en larmes. Le XXe siècle est celui de tous les bouleversements politiques et sociaux. Un siècle de guerres mondiales, de fascismes, de crises, de révolutions. Un siècle de sciences et de technologies, pour le meilleur et le pire. Face à ces changements et à ces gouffres, la pensée a dû se réinventer. Et la philosophie s’est fracassée sur les rivages de la réalité. A quoi sert de réfléchir quand tout s’effondre ? Fragile et malhabile, la philo a dû prendre en charge de nouvelles connaissances et se confronter avec vigueur à l’urgence de l’engagement politique. Observer comment les philosophes ont abordé ces décennies, a été pour moi, l’un des travails les plus passionnants et inspirants. Car même s’il ne s’agit pas de reproduire une attitude, et même si chaque contexte est singulier, il y a dans leurs questionnements, des clés, qui peuvent, sans doute, nous donner envie de découvrir nos propres solutions. Au fond, le fil conducteur de tout ce que nous vivons intimement et collectivement est cette question : à quoi donne-t-on naissance ? Comment la lumière surgit même dans les ombres ? J’avais envie d’en faire le sujet de mon cours de ce soir, mais j’avais aussi envie de déposer cette question entre vos mains, pour qu’elle trouve son chemin. « Francis est mort il y a quelques années maintenant, sans avoir trouvé la paix. L'ai-je trouvée moi ? Non, je ne la cherche pas, elle ne viendra pas, elle m'est impossible. Seuls comptent la quête, le mouvement, le sens. Et j'ai su jalonner ma vie de gens et de combats qui m'apaisent. » - Marceline Loridan-Ivens. Je vous souhaite une journée d’apaisement. #Bonjour

7 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout